Le procès en appel d'Isabelle Adjani pour fraude fiscale a repris à Paris
Le procès en appel pour fraude fiscale d'Isabelle Adjani, condamnée à deux ans d'emprisonnement avec sursis et 250.000 euros d'amende en première instance, a repris mercredi après-midi à la cour d'appel de Paris.
L'artiste de 70 ans aux cheveux d'ébène, absente de son premier procès en octobre 2023, est arrivée peu avant 13h30, vêtue tout en noir.
Elle est soupçonnée de s'être fictivement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017, d'avoir dissimulé une donation en prêt en 2013 et d'avoir fait transiter une somme via les États-Unis en 2014.
Débuté le 27 février, ce procès avait été une première fois renvoyé en raison d'une question de procédure portant sur une demande d'assistance administrative au Portugal. L'actrice a une résidence là-bas.
Ses avocats, en début d'audience mercredi, ont à nouveau plaidé "un problème de régularité dans la procédure".
"Mme Adjani était domiciliée fiscalement en France, l'a-t-elle fait (déclarer ses impôts NDLR) ? Non. Vous pouvez grimper aux arbres et déchirer les rideaux, ça ne change rien", a estimé Me Ralph Boussier, l'avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), à l'attention de la défense de l'actrice.
"Ce n'est pas une fraudeuse incroyable, elle n'a pas déclaré et elle a dissimulé une donation, c'est tout. Si vous étiez venue en première instance, on aurait gagné du temps", a-t-il ajouté.
Isabelle Adjani, retenue aux États-Unis lors du procès en première instance, avait été reconnue coupable de s'être frauduleusement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017, éludant ainsi 236.000 euros d'impôt sur le revenu.
Elle avait également été condamnée pour une somme de deux millions d'euros versée en 2013 par Mamadou Diagna Ndiaye, un homme d'affaires et ami de l'actrice, président du Comité national olympique et sportif sénégalais et membre du Comité international olympique.
Pour le tribunal, cette somme, déclarée comme un prêt, était une "donation déguisée", ce qui avait permis à la prévenue, alors en difficulté financière, d'éluder 1,2 million d'euros en droits de mutation.
Enfin, Isabelle Adjani avait été reconnue coupable de blanchiment pour avoir transféré 119.000 euros vers le Portugal via un compte "non déclaré" aux États-Unis .
Ses avocats avaient notamment affirmé qu'elle avait commis une "erreur" dans sa déclaration d'impôt en se domiciliant au Portugal, ayant été "mal conseillée" à l'époque. Elle a changé d'avocats depuis.
L'enquête avait été ouverte en 2016 après l'apparition du nom d'Isabelle Adjani dans les Panama Papers, comme détentrice d'une société aux îles Vierges britanniques. Les investigations n'avaient mené à aucune poursuite sur ce volet, mais elles avaient mis au jour d'autres soupçons.
F.M.Meza--ECdLR