El Comercio De La República - Incendies: situation toujours "critique en Gironde", de nouvelles évacuations

Lima -
Incendies: situation toujours "critique en Gironde", de nouvelles évacuations

Incendies: situation toujours "critique en Gironde", de nouvelles évacuations

La lutte s'annonce encore longue et ardue samedi soir sur le front des incendies en Gironde, où une reprise du feu a entraîné des milliers d'évacuations supplémentaires, qui sur l'ensemble du pays dépassent les 200.000 personnes.

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Face à la reprise du feu qui s'est déclaré mercredi à Saumos, à une soixantaine de kilomètres de Bordeaux, et a parcouru au moins 32.700 ha, la préfète du département Sophie Brocas a "décidé l'évacuation immédiate" des populations situées dans la commune de Marcheprime et plusieurs quartiers de Cestas, soit environ 8.000 personnes.

Selon les pompiers de la Gironde, joints par l'AFP, le feu connaît une virulence qui a réactivé la formation du phénomène de "pyrocumulonimbus", lors duquel le feu "crée son propre vent, avec des tourbillons, devient erratique et ingérable". Ce sera encore une "nuit compliquée", a expliqué le capitaine Nicolas Braz.

- Incendie "long à combattre" -

Les pompiers de Gironde avaient plus tôt estimé que la nuit à venir devrait être "propice" à leur travail contre le feu, toujours "aux portes de la métropole" de Bordeaux, samedi soir, selon son maire Thomas Cazenave.

Mais le premier ministre Sébastien Lecornu a averti samedi en fin de journée sur X que "les prévisions redeviennent défavorables" et que "les prochaines heures peuvent être difficiles" sur zone.

L'incendie "sera long à combattre", a prévenu le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dans un entretien à paraitre dimanche dans La Tribune.

"Dans ces heures où les flammes éprouvent durement notre pays, la France révèle ce qu'elle est: un peuple uni, qui se serre les coudes", a salué Emmanuel Macron, également sur X, promettant de reconstruire et réparer.

La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a indiqué que 140 habitations ont été détruites par le feu en Gironde. Elle a appelé les 167.000 personnes évacuées à ne pas regagner leur domicile.

Dans les Landes, où 30.000 autres ont dû être déplacées, trois mille personnes ont été autorisées à rentrer chez elles à Biscarosse.

Dans le Var (sud-est), 2.000 personnes restaient évacuées samedi soir en raison de l'incendie de Pontevès, encore très actif après avoir parcouru 4.000 hectares en cinq jours. "Des pluies sont espérées dans la nuit", précise la prefecture.

- Pompiers et militaires supplémentaires -

Les forces de l'ordre et services de secours restent largement mobilisés, au point que les organisateurs du Tour de France, qui arrive dimanche à Paris, ont annoncé raccourcir la dernière étape de 133 à 89 km.

"1.400 sapeurs-pompiers, 1.500 militaires et 1.700 forces de sécurité intérieure sont désormais engagés pour lutter contre les incendies, protéger les populations et sécuriser les zones évacuées", a énuméré Sébastien Lecornu sur X.

Pour la première fois, un avion de transport militaire A400M a aussi été utilisé pour lutter contre le feu, grâce à un dispositif développé par son fabricant, Airbus, et pouvant larguer 20.000 litres d'eau ou de produit retardant le feu.

Près de 98.000 hectares sont partis en fumée sur le territoire national, un record historique alors que la forêt française doit faire face à un changement climatique qui va plus vite que la capacité des arbres à se renouveler.

- Pyrocumulonimbus et changement climatique -

Les climatologues du groupe World Weather Attribution ont, en effet, conclu que le changement climatique, causé principalement par la combustion continue du pétrole, du charbon et du gaz, rend la sécheresse actuelle plus sévère.

Or, Météo France explique dans une note consultée samedi par l'AFP que les phénomènes de pyrocumulonimbus et de tornades de feu sont nourris notamment par une végétation déshydratée après une grande période de sécheresse.

A Bordeaux, 5.000 à 6.000 personnes évacuées du bassin d'Arcachon et de communes environnantes, se massent au parc des Expositions transformé en centre d'accueil.

Parmi ces "réfugiés du feu", Frédéric Tavitian, 70 ans, arrivé vendredi soir. "A 15 heures, on nous a dit, il faut évacuer. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser".

- "Inquiets pour les gens, la nature, les forêts" -

Bison Futé a appelé les automobilistes à laisser "les routes libres" pour les secours, et la SNCF a aussi appelé à reporter les déplacements prévus dans la région de samedi à lundi.

Elle assure qu'annulation et report des billets de train sont possibles sans frais.

Rencontrée à la gare de Bordeaux, Sandrine Isel, 54 ans, repart le cœur serré vers le Luxembourg, après un séjour à Arcachon: "l'ambiance était pesante, et on était inquiets pour les gens, la nature, les forêts", confie-t-elle. "Cela va mettre des décennies à se reconstituer".

Selon les données du système européen Effis qui se base sur des images satellite, les surfaces brûlées dépassent d'ores et déjà le record enregistré en 2022, alors que le mois de juillet n'est même pas achevé.

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V.Valdez--ECdLR