Thaïlande: 32 morts après l'effondrement d'une grue sur un train
Une grue s'est effondrée mercredi sur un train de passagers en Thaïlande, un accident spectaculaire qui a fait au moins 32 morts et des dizaines de blessés, selon le dernier bilan des autorités locales.
La grue était utilisée sur le chantier d'un vaste projet ferroviaire soutenu par la Chine et géré par une entreprise thaïlandaise impliquée dans plusieurs accidents similaires par le passé.
Sa chute a provoqué le déraillement, en contrebas, d'un train qui circulait entre Bangkok et le nord-est du pays.
Au moins 32 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées, dont sept grièvement, ont indiqué les autorités sanitaires locales, précisant que trois personnes étaient toujours portées disparues.
Il était environ 9H00 lorsque Mitr Intrpanya, un habitant de la province de Nakhon Ratchasima, à plus de 200 km de la capitale, a entendu "un gros bruit suivi de deux explosions".
"Quand je suis allé voir ce qui s'était passé, j'ai trouvé la grue sur un train de passagers de trois wagons. Le métal de la grue semblait avoir tranché en deux le deuxième wagon", a témoigné cet homme de 54 ans.
Pasinee Klaharn, une femme au foyer de 31 ans, était en train de préparer son petit-déjeuner quand l'accident s'est produit, à 300 mètres de sa maison.
"J'ai vu sur place trois personnes allongées, avec des plaies à la tête et un bras cassé", a-t-elle raconté à l'AFP. "Mon mari est descendu à l'intérieur d'un wagon et a aidé quelques personnes avant l'arrivée des secours".
- TGV thaïlandais -
La grue faisait partie d'un chantier colossal, lancé en 2017 avec une décennie de retard, pour la mise en service du premier train à grande vitesse de Thaïlande.
Ce projet de plus de cinq milliards de dollars doit permettre d'ici 2028 de relier Bangkok à Kunming, dans le sud de la Chine, via le Laos.
Il est soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des "nouvelles routes de la soie", destinée à améliorer ses échanges commerciaux dans le monde et à renforcer son influence en Asie du Sud-Est.
Afin d'éviter que ce chemin de fer n'accroisse sa dépendance vis-à-vis de Pékin au détriment de ses bonnes relations avec les Etats-Unis, la Thaïlande a insisté pour prendre en charge la totalité du coût.
La Chine fournit tout de même une assistance technique, mais "il semble que la section concernée soit construite par une entreprise thaïlandaise", a commenté le ministère chinois des Affaires étrangères.
Il s'agit de l'Italian-Thai Development, qui a annoncé dans un communiqué qu'elle assumerait "la responsabilité d'indemniser les familles des victimes et de couvrir les frais médicaux des blessés".
- Accidents fréquents -
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a appelé à faire la lumière sur les causes de l'accident et affirmé que les responsables devraient "rendre des comptes".
"Il est temps de modifier la loi afin de mettre sur une liste noire les sociétés de BTP responsables d'accidents à répétition", a estimé le dirigeant.
L'Italian-Thai Development et son directeur figuraient en août parmi plus de 20 personnes et entités inculpées dans une affaire liée à l'effondrement lors d'un tremblement de terre d'un immeuble en construction à Bangkok, qui avait fait 90 morts, principalement des ouvriers.
L'entreprise a été impliquée ces dernières années dans plusieurs autres accidents, dont la chute en 2017 d'une grue utilisée pour la construction du métro aérien de la capitale.
Les accidents industriels, sur les chantiers et dans les transports sont relativement fréquents en Thaïlande en raison d'une application parfois laxiste des règles de sécurité.
Dix-huit personnes sont mortes en 2020 dans la collision d'un train de marchandises avec un bus transportant des passagers à une cérémonie religieuse.
H.Hurtado--ECdLR