El Comercio De La República - Amélie de Montchalin va prendre les rênes de la Cour des comptes

Lima -
Amélie de Montchalin va prendre les rênes de la Cour des comptes
Amélie de Montchalin va prendre les rênes de la Cour des comptes / Photo: Thomas SAMSON - POOL/AFP/Archives

Amélie de Montchalin va prendre les rênes de la Cour des comptes

Un pur produit du macronisme propulsé à la Cour des comptes: l'actuelle ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, spécialiste des questions budgétaires, va devenir la première femme à prendre les rênes de l'institution, désignée par Emmanuel Macron pour succéder à Pierre Moscovici.

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La ministre âgée de 40 ans, qui sort tout juste d'un long marathon parlementaire dédié à l'adoption du budget pour 2026, a été choisie par le président de la République, a affirmé à l'AFP une source au sein de l'exécutif lundi, confirmant une information du Figaro.

Elle deviendra la première femme à occuper le poste prestigieux de Première présidente de cette institution plus que bicentenaire, chargée de vérifier la régularité des comptes publics. Sa nomination est attendue mercredi lors d'un Conseil des ministres.

Ce mandat étant irrévocable, seulement borné par une limite d'âge théorique fixée à 68 ans, la jeune quadragénaire aura de quoi s'inscrire dans le temps long si elle le souhaite, même si cette macroniste historique n'a pas traîné, ces dernières années, aux postes clés qu'elle a successivement occupés.

A peine la page budgétaire refermée, Amélie de Montchalin va donc quitter le gouvernement, alors qu'un léger remaniement est attendu dans les prochains jours avant les élections municipales. Cet "ajustement" sera donc finalement un peu plus conséquent qu'attendu, avec ce poste important à pourvoir dans l'équipe de Sébastien Lecornu, en plus du départ de Rachida Dati, notamment.

- Contexte instable -

Amélie de Montchalin récupère les rênes de cette institution à un moment crucial, alors que la France peine à redresser la barre après plusieurs années de dérapage budgétaire, dans un contexte politique extrêmement instable qui ne facilite pas l'adoption du budget du pays.

Le déficit public doit être ramené à 5% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, un objectif que de nombreux observateurs et parlementaires jugent très ambitieux compte tenu du contenu du projet de loi de finances actuellement revu par le Conseil constitutionnel.

Mme de Montchalin elle-même avait rappelé ces derniers jours l'importance de revenir au plus vite sous les 3% pour rentrer dans les règles de l'Union européenne. "Ca doit être au plus tard (en) 2029", a-t-elle estimé ces derniers jours, qualifiant cet objectif non pas de "comptable" mais "de puissance, de souveraineté".

La Cour des comptes n'a eu de cesse de rappeler l'exécutif à cet impératif d'assainissement budgétaire ces derniers mois, au fil des quelque 200 rapports produits annuellement et qui épinglent régulièrement la sphère publique.

La nomination d'Amélie de Montchalin en tant que Première présidente de la Cour des comptes est uniquement du ressort du chef de l'Etat et ne nécessitera pas d'approbation par les commissions des Finances du Parlement, comme c'est le cas pour d'autres nominations.

- Harvard, OCDE, ministères -

Les prestations de la ministre à l'Assemblée nationale et au Sénat l'avaient en tout cas propulsée en première ligne au sein de l'équipe gouvernementale. Ses compétences techniques, sa répartie notamment vis-à-vis des oppositions et son ton didactique au fil de dizaines d'heures de débat avaient notamment été saluées par de nombreux parlementaires.

Le profil de cette économiste passée par quatre fonctions ministérielles est donc sorti du lot, alors que d'autres noms étaient avancés comme celui de l'ex-Première ministre Elisabeth Borne, du patron de l'Agence française de développement, Rémy Rioux, ou de la présidente de la Commission de régulation de l'énergie, Emmanuelle Wargon.

Diplômée de HEC et de Harvard, passée par le secteur bancaire (BNP Paribas) et l'assurance (Axa), Amélie de Montchalin avait été représentante permanente de la France auprès de l'OCDE après sa défaite aux législatives dans l'Essonne en 2022. Elle a été rappelée au gouvernement à la surprise générale fin décembre 2024 par l'ex-Premier ministre, François Bayrou, avant que Sébastien Lecornu ne la confirme à l'automne.

Sa nomination rue Cambon fait suite au mandat de deux personnalités plutôt issues de l'opposition à l'exécutif en place: Didier Migaud, nommé par Nicolas Sarkozy en 2010, puis Pierre Moscovici, choisi par Emmanuel Macron en 2020.

L'ancien ministre de l'Economie sous François Hollande a quitté la Cour des comptes fin 2025 pour rejoindre à Luxembourg la Cour des comptes de l'Union européenne. C'est Carine Camby qui assurait l'intérim depuis le 1er janvier.

J.Hernández--ECdLR