Avec la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés
Bourses qui vacillent, taux d'intérêt en hausse... avec la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés.
A New York, les marchés boursiers ont ouvert en nette baisse: dans les premiers échanges, vers 14H50 GMT le Dow Jones chutait de 2,16%, l'indice Nasdaq reculait de 2,08% et l'indice élargi S&P 500 perdait 2,02%.
En Europe, la Bourse de Paris perdait 3,50% et la Bourse de Francfort lâchait 3,96%. Londres cédait 3,17% et Milan dévissait de 4,61%.
"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.
Flambée des hydrocarbures, le dollar monte
Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran attaque mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.
Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a d'ailleurs menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit.
Vers 14H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 8,34% à 84,22 dollars, après avoir touché 85,12 dollars, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 8,82% à 77,51 dollars.
Le prix du gaz européen s'enflamme aussi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 30,90% à 58,26 euros.
Or, cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse fortement impacter la croissance européenne et raviver l'inflation", l'Europe restant dépendante du gaz venant du Moyen-Orient, a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.
En Europe, où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, plane le spectre de la crise inflationniste provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Les craintes des investisseurs sur l'économie européenne profitent au dollar, qui bondissait de 0,96% face à la monnaie unique européenne, à 1,1578 dollar pour un euro. L'or est en revanche délaissé : l'once perdait 3,96% à 5.112,61 dollars.
Les taux d'intérêt grimpent
"La question est: revenons-nous à un scénario similaire à 2022, où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague massive d'inflation frappant l'économie mondiale ?", s'interroge Kathleen Brooks.
"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.
Elle constitue pour l'Europe "un événement stagflationniste (une inflation durable combinée à une croissance fragile, ndlr) pas encore à l'échelle de la guerre en Ukraine en 2022, mais avec ce potentiel", estime Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.
Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent.
Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Vers 14H50 GMT, le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence en Europe, bondissait de 0,08 point à 2,79%.
Son équivalent français grimpait lui de 0,13 point par rapport à la veille, atteignant un taux de 3,42%. L'obligation italienne, aussi à échéance dix ans, bondissait de 0,14 point de pourcentage, à 3,49%.
Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique atteignait 4,53%, contre 4,37% lundi soir.
D.Díaz--ECdLR