L'Iran met en garde contre "toute action" pouvant étendre la guerre
Sous les bombes israélo-américaines depuis deux semaines, Téhéran a exhorté dimanche les autres nations du monde à s'abstenir de "toute action" pouvant étendre la guerre, après un appel américain à sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz.
Le conflit ne prendra fin que lorsque l'Iran sera "certain" qu'il ne pourra pas se reproduire, a averti le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dans un entretien au site d'information en arabe Al-Araby Al-Jadeed.
La guerre embrase la région et fait flamber les cours du pétrole. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, est bloqué quasi totalement par Téhéran.
Cette paralysie est une "souffrance passagère", a assuré dimanche le ministre américain de l'Energie Chris Wright, estimant que la guerre s'achèverait "dans les prochaines semaines".
- "Eventail d'options" -
Au cours d'un appel avec son homologue français Jean-Noël Barrot, Abbas Araghchi a appelé à la retenue.
Les autres pays doivent "s'abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit", a-t-il souligné, selon son ministère.
Aucun Etat n'a pour l'heure annoncé se joindre à Washington, qui veut envoyer la marine pour escorter des pétroliers.
Séoul "examine de près" cette demande, a déclaré un responsable de la présidence à l'AFP, tandis que Londres discute avec ses alliés "d'un éventail d'options" afin de sécuriser le transport maritime.
Mais le gouvernement britannique a jugé que l'heure était surtout à une "désescalade".
A travers la région, la guerre a fait plus de 2.000 morts, en majorité en Iran et au Liban, selon les données communiquées par les autorités locales.
- "Aucune raison" -
Israël avait attaqué l'Iran en juin 2025, menant à une guerre de 12 jours à laquelle s'étaient joints les Etats-Unis.
Déjà à ce moment-là, des négociations sur le nucléaire iranien, au coeur du différend, étaient en cours entre Washington et Téhéran et avaient été stoppées net.
"Nous ne voyons aucune raison de négocier avec les Américains parce que nous étions en train de parler avec eux quand ils ont décidé de nous attaquer et c'était la deuxième fois", a déclaré Abbas Araghchi, à la chaîne américaine CBS.
Plus tôt, le président Trump avait assuré que Téhéran voulait un accord, mais que lui n'était pas prêt à le conclure, estimant que les termes n'étaient "pas encore assez bons".
En représailles aux frappes israélo-américaines lancées le 28 février, Téhéran vise le Golfe qui abrite des intérêts économiques et militaires des Etats-Unis.
Une base italo-américaine a été visée en matinée par une attaque de drone au Koweït, d'après l'armée italienne.
M. Araghchi a justifié ces attaques par "les nombreuses preuves" - des images satellites et des "opérations de surveillance électronique" - qui montrent que les bases américaines sont utilisées pour cibler son pays.
D'après lui, des missiles ont été tirés depuis les Emirats arabes unis pour attaquer l'île de Kharg, qui abrite le principal hub d'exportation d'or noir de l'Iran.
Washington a dit y avoir frappé des cibles militaires et Donald Trump a menacé de s'en prendre aux sites pétroliers.
En réponse, Téhéran a promis de "réduire en cendres" les infrastructures pétrolières liées aux Etats-Unis dans la région, mais aussi des entreprises américaines.
- Achats militaires d'"urgence" -
Conséquence des hostilités: le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a augmenté de plus d'un tiers depuis le début de la guerre et se négocie désormais autour des 100 dollars.
Economiquement, l'opération est un gouffre pour Washington. La première semaine de guerre lui a coûté plus de 11 milliards de dollars, d'après la presse américaine.
Côté israélien, le gouvernement a approuvé une enveloppe de 827 millions de dollars pour des achats militaires d'"urgence", selon la presse locale.
Les deux pays assurent avoir fortement affaibli la République islamique dans leur opération visant à détruire ses programmes balistique et nucléaire, voire faire tomber le pouvoir.
Mais Téhéran continue de viser le sol israélien et a déclaré dimanche avoir ciblé une importante unité de police et un centre de communications par satellite.
A Bnei Brak, près de Tel-Aviv, une foule d'habitants s'est rassemblée près d'un immeuble endommagé par un missile, tenue à l'écart par un cordon de sécurité pendant que des secouristes s'affairaient.
En Iran, des habitants déblaient les décombres au milieu d'immeubles dévastés à Téhéran.
L'accès à internet reste fortement restreint dans la capitale iranienne, mais la vie reprend doucement son cours: des cafés et restaurants, encore fermés ces derniers jours, ont rouvert, ont constaté des journalistes de l'AFP.
A Tonekabon, ville septentrionale sur la mer Caspienne, les commerces sont très fréquentés et seule la place principale est fermée, a rapporté à l'AFP Ali, un habitant de 49 ans.
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R.Ríos--ECdLR