Retour de l'électricité à Cuba après une "panne totale"
Les autorités cubaines ont rétabli dimanche l'électricité dans la majeure partie du pays, après une deuxième panne nationale de courant en moins d'une semaine sur l'île sous embargo pétrolier américain.
Les deux tiers de La Havane avaient à nouveau du courant dimanche après-midi, a annoncé la compagnie électrique de la capitale cubaine, au lendemain d'une "panne totale" du réseau électrique national annoncée sur X par le ministère de l'Energie.
Selon l'Union électrique de Cuba, la plus grande partie du réseau national a également été reconnectée, depuis Pinar del Rio (ouest) à Santiago de Cuba (est), et seules deux provinces restaient sans electricité dimanche soir.
Cette coupure est la septième en près d'un an et demi sur l'île, qui compte près de 10 millions d'habitants.
Selon la compagnie d'électricité du pays, l'arrêt d'une unité de la centrale thermique de Nuevita (centre) a provoqué "un effet domino sur les machines qui étaient en service", et abouti à la déconnexion du réseau électrique national.
"Franchement, c'est de plus en plus difficile de vivre dans ces conditions", a déclaré à l'AFP Alina Quiñones, une infirmière de 48 ans, alors qu'elle se rendait à l'hôpital de La Havane où elle travaille, après une nuit quasiment sans sommeil.
La production d'électricité à Cuba repose sur un réseau de huit centrales thermiques vieillissantes, dont certaines ont plus de 40 ans d'exploitation, qui subissent de fréquentes pannes ou doivent être mises à l'arrêt pour des cycles de maintenance.
Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l'empêchent de réparer son infrastructure électrique vétuste, mais des économistes relèvent aussi le sous-investissement chronique de l'Etat dans ce secteur.
Depuis plus de deux mois, les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, sont interrompues et l'administration du président américain Donald Trump menace de sanctionner tout pays qui enverrait des hydrocarbures à Cuba.
Pour justifier sa politique, Washington invoque une "menace exceptionnelle" que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité des Etats-Unis.
La Havane accuse en retour Donald Trump de vouloir "asphyxier" l'économie du pays, sous embargo américain depuis 1962 et qui a subi ces dernières années un renforcement des sanctions américaines.
H.Hurtado--ECdLR