De nouveaux investissements "historiques" attendus pour le sommet Choose France
La neuvième édition du sommet Choose France dédié aux investissements étrangers, qui se tient lundi au château de Versailles en présence d'Emmanuel Macron, promet d'être "historique" en termes d'annonces, selon l'Elysée, avec un accent mis notamment sur l'IA et les data centers.
De nombreux projets seront présentés ou confirmés lors de cette grand-messe annuelle, où environ 200 patrons étrangers sont attendus.
Donnant le ton, de premiers investissements ont commencé à être annoncés pendant le week-end. Le géant japonais du secteur des technologies SoftBank a ainsi dévoilé un projet colossal de data centers dans les Hauts-de-France représentant 45 milliards d'euros d'ici à 2031, et 75 milliards d'euros à terme, "un montant inédit dans l'histoire des investissements d'une entreprise en France", selon l'Elysée.
Pour marquer le coup face à ce spectaculaire projet dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle, le président de la République recevra lundi matin à l'Elysée le président de SoftBank, Masayoshi Son.
Selon Les Echos, le gestionnaire d'actifs canadien Brookfield devrait annoncer 10 milliards de dollars (8,57 milliards d'euros) d'investissements dans un data center à Escaudain (Nord), et la société d'investissement Ardian et la plateforme nordique de data centers Verne 5 milliards de dollars pour un centre de données en Île-de-France.
Le groupe taïwanais Foxconn devrait lui investir 120 millions d'euros à Angers pour lancer une ligne de production de cartes mères dédiées à l'intelligence artificielle, en partenariat avec le spécialiste français des supercalculateurs Bull, a appris l'AFP de sources proches des discussions dimanche.
- "Journées Choose France" -
Le groupe sidérurgique italien Marcegaglia a indiqué qu'il investirait 600 millions d'euros pour son projet Mistral à Fos-sur-mer. Quant au spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab, il mettra sur la table 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle.
Emmanuel Macron avait prédit vendredi des annonces "formidables" lors du sommet Choose France (Choisissez la France), et l'Elysée avait promis une édition "historique".
Cette nouvelle édition, la dernière d'Emmanuel Macron, devrait voir également des annonces dans le domaine des terres rares, avait laissé entendre l'Elysée. L'astronaute Thomas Pesquet devrait être présent pour parler du sommet spatial qui se déroulera en septembre.
La dernière édition du sommet, en mai 2025, avait battu un record avec 20 milliards d'euros de projets annoncés, et 20,8 milliards d'euros d'engagements sur l'intelligence artificielle (IA) pris en février entérinés.
Cette année, ce rendez-vous a été pour la première fois précédé par des Journées Choose France, organisées dans tout le pays sur le modèle des Journées du patrimoine.
Elles ont permis ce week-end aux Français de visiter des sites de 92 entreprises, du géant de l'acier ArcelorMittal au constructeur automobile Toyota en passant par des centres de données ou des entrepôts de logistique.
- 87 milliards d'euros -
Créé en janvier 2018 par Emmanuel Macron, peu après son arrivée à l'Elysée, Choose France a depuis été institué comme le rendez-vous annuel emblématique de la politique pro-business du chef de l'Etat.
Depuis le premier sommet, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant quelque 87 milliards d'euros et plusieurs milliers d'emplois industriels nouveaux, selon l'Elysée.
Alors que la France est pour la septième année consécutive le pays d'Europe qui attire le plus d'investissements étrangers, selon les récents résultats du baromètre du cabinet de conseil EY, "cela ne tombe pas du ciel", a affirmé Emmanuel Macron vendredi.
Selon EY, la France a attiré l'an dernier 852 projets sur 5.026 recensés dans 47 pays européens, en recul de 17% dans un environnement international difficile.
Le pays a notamment fait venir plus de projets liés à l'intelligence artificielle qu'ailleurs en Europe. En revanche, l'industrie a souffert, notamment l'automobile, la chimie et la métallurgie.
Pour l'économiste Sylvain Bersinger, les annonces de Versailles "ne doivent pas masquer le fait que l'investissement total des entreprises en France est déprimé, que la réindustrialisation demeure un vœu pieux et que la France ne semble pas nécessairement plus attractive pour les investisseurs étrangers que ses voisins".
Outre sa volonté de faire de la France un des leaders de l'IA, Emmanuel Macron a annoncé récemment 1,55 milliard d'euros d'investissements publics supplémentaires pour développer quantique et semi-conducteurs.
E.Gutiérrez--ECdLR