El Comercio De La República - Climat: Londres et Google vont tester l'évitement des trainées de condensation d'avions

Lima -
Climat: Londres et Google vont tester l'évitement des trainées de condensation d'avions
Climat: Londres et Google vont tester l'évitement des trainées de condensation d'avions / Photo: Aamir QURESHI - AFP/Archives

Climat: Londres et Google vont tester l'évitement des trainées de condensation d'avions

Le gouvernement britannique s'est associé à Google pour mener des essais visant à réduire l'impact climatique des traînées de condensation des avions, en modifiant légèrement l'altitude de certains vols au-dessus de l'Atlantique Nord, l'un des espaces aériens les plus fréquentés du monde.

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Les traînées de condensation ou "contrails" se forment lorsque la vapeur d'eau contenue dans les gaz d’échappement des moteurs se condense et gèle autour des particules de suie dans l'air froid et humide. Elles emprisonnent la chaleur, empêchant les rayonnements terrestres de s'échapper vers l'espace.

L'aviation représente plus de 2,5% des émissions mondiales de CO2, mais son impact sur le réchauffement est plus important en raison d'autres émissions et des contrails qui pourraient représenter "un tiers de l'impact climatique total" de l'aviation, selon les auteurs de l'expérimentation.

Baptisé Operation Blue Skies, ce programme de 5 millions de livres (5,8 millions d’euros) est financé à hauteur de 2,65 millions de livres par le gouvernement britannique qui fait partie d'un consortium basé au Royaume-Uni composé également de NATS, gestionnaire britannique du contrôle aérien, l'ONG contrails.org, l'Imperial College London et l'Université de Cambridge.

L'intelligence artificielle développée par Google doit identifier, à partir notamment de données météorologiques, les zones où les avions présentent le plus de risques de former des traînées persistantes et les moments où un changement d'altitude pourrait permettre de les éviter.

Les essais seront menés pendant deux hivers, en 2026-2027 et 2027-2028, dans l'espace aérien de Shanwick qui couvre l'Atlantique Nord et connecte l'Europe à l'Amérique du Nord.

Ce couloir aérien "est responsable d’environ 5% du réchauffement global dû aux traînées de condensation. C'est une sorte de point chaud (...) ce qui en fait un territoire important à examiner", a déclaré Paul Hodgson, responsable technique de Blue Skies pour Google au cours d'une conférence téléphonique.

C'est entre novembre et février, que les contrails se forment le plus.

- "à l'échelle mondiale" -

Les essais porteront sur des vols commerciaux et seront réalisés pendant 20 à 40 jours chaque hiver, principalement lorsque le trafic est moins dense.

"La question n'est plus de savoir si nous pouvons réduire les traînées, mais si cela fonctionne à l'échelle du système aérien mondial. Cet essai est une étape importante vers la concrétisation de cet objectif", a souligné Kemal Armada, chef de produit chez Google cité dans le communiqué.

Contrairement aux expérimentations précédentes dont celle menée en France par le géant des hautes technologies Thales et la compagnie aérienne Amelia, Blue Skies va concerner toutes les compagnies aériennes survolant l'espace de l'expérimentation.

Aucune compagnie ne fait partie du consortium pour éviter "les biais", ont expliqué les promoteurs de Blue Skies.

Les changements d’altitude qui permettent d'éviter les contrails seront coordonnés avec NATS qui contrôlera les opérations et formera les contrôleurs participant aux essais.

Le but de l'essai est de "tester comment l’évitement des traînées pourrait fonctionner dans l'environnement complexe de la gestion du trafic aérien" et "constituer les preuves pour comprendre si cela pourrait contribuer de manière significative à la réduction de l'impact climatique de l'aviation", a souligné Ian Jopson, directeur de développement durable chez NATS.

Pour certains chercheurs, des données manquent à ce stade pour parler du bénéfice de l'évitement des traînées qui restent quelques minutes dans l'atmosphère, tandis que le CO2 persiste des décennies.

"Nous nous associons à Google pour soutenir experts et innovations britanniques afin de rendre l'aviation plus propre", a déclaré Keir Mather, ministre britannique chargé de l’Aviation cité dans un communiqué.

Le programme doit mesurer l’effet réel de ces changements sur les traînées grâce à l'imagerie satellitaire.

L'Imperial College London et l'Université de Cambridge seront chargés d’évaluer indépendamment les résultats, tandis que le Met Office, le service météorologique national britannique, développera les prévisions nécessaires pour identifier les conditions favorables à leur formation.

S.Sánchez--ECdLR