El Comercio De La República - Incendie en Suisse: les propriétaires du bar ne se "déroberont" pas à l'enquête

Lima -
Incendie en Suisse: les propriétaires du bar ne se "déroberont" pas à l'enquête
Incendie en Suisse: les propriétaires du bar ne se "déroberont" pas à l'enquête / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP

Incendie en Suisse: les propriétaires du bar ne se "déroberont" pas à l'enquête

Les propriétaires du bar ravagé par l'incendie meurtrier dans la station de ski suisse de Crans-Montana ont assuré mardi qu'ils ne se "déroberaient pas" dans le cadre de l'enquête menée après le drame qui a fait 40 morts et 116 blessés, se disant "dévastés".

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La journée de mardi a aussi été marquée par les révélations devant la presse du président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, concernant l'absence d'inspections sécurité et incendie du bar de 2020 à 2025, qui ont suscité la "consternation" de certaines familles.

Dans leur première déclaration publique depuis l'ouverture samedi de l'enquête pénale les visant, Jacques et Jessica Moretti, les Français propriétaires du bar Le Constellation, se sont dits dans un communiqué "dévastés et envahis par le chagrin".

"Nous faisons pleinement confiance aux enquêteurs pour faire toute la lumière et dissiper les interrogations. Soyez certains à cet égard de notre entière collaboration et du fait que nous ne chercherons d'aucune façon à nous dérober", a assuré le couple soupçonné d'"homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence".

- "Responsabilité" -

A Sion, le président de Crans-Montana a lui concédé ne pas savoir pourquoi les contrôles périodiques du bar n'avaient pas été effectués de 2020 à 2025, alors que ces inspections doivent être conduites tous les ans.

"Nous assumerons toute la responsabilité que la justice déterminera", a-t-il ajouté, au sujet du drame provoqué, selon l'enquête, par des bougies dites "fontaines" entrées en contact avec le plafond du sous-sol.

En cette soirée de la Saint-Sylvestre, les clients du bar, principalement des adolescents et de jeunes adultes, s'étaient retrouvés piégés par les flammes.

La mousse acoustique recouvrant le plafond du sous-sol du Constellation, qui semble s'être rapidement embrasée, est l'un des éléments clés examinés par les enquêteurs.

- "Derrière les barreaux" -

"Vraisemblablement, les quelques chefs de sécurité qui ont été contrôler ce bar (entre 2015 et 2020) auraient dû faire plus attention", a aussi reconnu M. Féraud, qui a par ailleurs écarté toute démission pour l'heure.

Mes clients "ont pris connaissance avec consternation" de ces informations, a réagi auprès de l'AFP l'avocat Romain Jordan, qui conseille plusieurs familles.

"La quantité effarante des manquements et lacunes dans les contrôles pose avec d'autant plus d'urgence la question de la mise sous enquête de la commune", a-t-il assuré.

Me Sébastien Fanti, qui représente quatre familles de blessés, a lui assuré que ces clients sont "furieux" : "Ces familles veulent voir les gens dormir derrière des barreaux", a-t-il affirmé.

- "Faites gaffe à la mousse!" -

Des vidéos diffusées lundi soir par la télévision suisse RTS, montrent que ce n'est pas la première fois que ce type de bougies était utilisé dans le bar et que leur danger était connu.

"Faites gaffe à la mousse!" avait lancé il y a six ans un employé du bar lors de la soirée du nouvel an 2019-2020, selon une de ces vidéos.

Les autorités italiennes, très remontées, ont multiplié les critiques. "Cette tragédie aurait pu" et "dû être évitée grâce à la prévention et au bon sens", a tonné lundi l'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, devant les médias.

Les deux Français propriétaires du Constellation n'ont été ni placés en détention provisoire, ni assignés à résidence, ce qui a pu provoquer l'étonnement, notamment des autorités italiennes.

"Jusqu'à présent, nous n'avons pas eu d'éléments concrets qui laissent présager une fuite", a expliqué mardi la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, sur la radio française RTL.

Selon des sources proches du dossier, Jacques Moretti était connu de la justice française pour une affaire de proxénétisme: il avait été incarcéré en Savoie en 2005 puis condamné en 2008 à une peine de prison.

Selon une autre source proche du dossier, il a aussi été mis en cause par le passé dans sept autres affaires, notamment pour escroquerie, sans que cela ne débouche sur des condamnations.

- 46 blessés soignés à l'étranger -

La moitié des 40 victimes, âgées de 14 à 39 ans, étaient des mineurs. Les défunts sont 22 Suisses, dont un qui a également la nationalité française, et 18 étrangers issus de neuf pays.

Parmi les 116 blessés, de 14 nationalités, figurent notamment 69 Suisses, 23 Français et 12 Italiens, dont des binationaux.

Sur les 83 blessés encore hospitalisés, 46 grièvement touchés ont été transférés vers la France, l'Italie, l'Allemagne ou la Belgique.

Une cérémonie d'hommage est prévue vendredi dans la commune voisine de Martigny, notamment en présence du président Emmanuel Macron.

R.Flores--ECdLR