Minneapolis: deux journalistes arrêtés, Trump qualifie Alex Pretti d'"agitateur"
Deux journalistes américains ont été arrêtés, dont un ex-présentateur de CNN, sur ordre direct de la ministre de la Justice en lien avec les manifestations à Minneapolis, où deux protestataires sont morts sous les balles de la police de l'immigration.
L'un d'eux, Alex Pretti, abattu de dix coups de feu par des agents de la police aux frontières (CPB) le 24 janvier, a été qualifié vendredi d'"agitateur" par Donald Trump.
Le président américain ne cesse de souffler le chaud et le froid sur le mouvement de contestation qui balaye la ville du nord des Etats-Unis, devenue le laboratoire de son projet d'expulsions massives de sans-papiers.
Le ministère américain de la Justice a pour sa part annoncé vendredi l'ouverture d'une nouvelle enquête sur la mort d'Alex Pretti, cette fois concernant la violation de ses droits fondamentaux, tout en soulignant qu'il s'agit d'une procédure "standard".
"Nous regardons tout ce qui pourrait permettre de faire la lumière sur ce qui s'est passé ce jour-là", a expliqué à la presse le numéro deux du ministère, Todd Blanche, ajoutant que cette enquête et celle déjà en cours sur l'intervention des agents fédéraux seraient menées en parallèle.
La ministre de la Justice, Pam Bondi, a elle annoncé vendredi sur X l'arrestation à Los Angeles "sous (sa) direction" de Don Lemon, ancienne figure de CNN, ainsi que de trois autres personnes, "en lien avec l'attaque coordonnée contre l'église Cities à St Paul, Minnesota" il y a deux semaines.
- "Poutine serait fier" -
Parmi elles figurent aussi une journaliste indépendante et un ancien candidat démocrate à la Chambre des représentants.
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné une "attaque flagrante" contre la presse qui en dit long sur "l'état de la démocratie dans un pays".
Sarcastique et amer, le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom, critique virulent de l'administration Trump, a estimé de son côté sur X que le président russe Vladimir "Poutine serait fier".
Après avoir parlé ces derniers jours de sa volonté de "désescalade" et fait savoir par son émissaire Tom Homan qu'il pourrait bientôt réduire le nombre d'agents masqués qui mènent des raids à Minneapolis, Donald Trump a relancé vendredi de la Maison Blanche de virulentes critiques envers les manifestants: des "insurgés", des "agitateurs" et des "fauteurs de troubles financés" par des "professionnels" de la rébellion, selon lui.
Sur sa plateforme Truth Social, il a encore égratigné Alex Pretti, dont il a fustigé la "démonstration de violence" dans une vidéo devenue virale, dans laquelle on voit l'infirmier de 37 ans, onze jours avant sa mort, se rebeller lors d'une interpellation par des policiers fédéraux.
L'AFP n'a pas pu vérifier ces images dans l'immédiat.
- "Violence aveugle"-
"Le mec a donné un coup de pied dans le phare d'une voiture. Est-ce que ça signifie qu'il méritait de mourir ?", s'est indigné auprès de l'AFP Pedro Wolcott, propriétaire d'une sandwicherie dans les quartiers sud de Minneapolis.
Dans la première réaction publique d'un haut-responsable de l'Union européenne, Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, a déploré vendredi la "violence aveugle" et les images "terrifiantes" venues des Etats-Unis.
Avant Alex Pretti, une mère de famille de 37 ans, Renee Good, avait été tuée le 7 janvier par un agent de la police fédérale de l'immigration (ICE) au volant de sa voiture.
Le sujet crispe jusqu'à Washington, où les démocrates refusent d'adopter un budget pour le ministère de la Sécurité intérieure sans que des réformes de l'ICE ne soient mises en place.
Chose rare, une figure de la Sillicon Valley s'est emparée du sujet pour appeler le tissu économique à réagir.
"Davantage d'entre nous doivent cesser de considérer le chaos trumpiste comme un simple théâtre politique dont on peut se tenir à l'écart. Il est temps pour nous tous d'en faire et d'en dire davantage", a écrit Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, dans une tribune au San Francisco Standard. "Une grande majorité d'entre nous désapprouve la brutalité ostentatoire du régime Trump".
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G.Reyes--ECdLR