El Comercio De La República - Les Népalais votent pour un scrutin crucial six mois après le soulèvement de la Génération Z

Lima -
Les Népalais votent pour un scrutin crucial six mois après le soulèvement de la Génération Z

Les Népalais votent pour un scrutin crucial six mois après le soulèvement de la Génération Z

Les Népalais ont voté jeudi pour des élections législatives cruciales, marquées par l'affrontement entre la vieille garde et un puissant mouvement porté par la jeunesse, six mois après un soulèvement qui a entraîné la chute du gouvernement.

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Trois figures s'imposent dans ce scrutin: l'ex‑Premier ministre renversé en septembre et déterminé à reprendre le pouvoir, un rappeur devenu maire de Katmandou qui courtise le vote des jeunes et le nouveau chef du Congrès népalais, qui se pose en héraut du renouveau générationnel.

Tous ambitionnent de diriger ce pays himalayen de 30  millions d'habitants.

"Chaque vote est important pour déterminer notre avenir", a souligné la cheffe du gouvernement provisoire Sushila Karki dans un communiqué.

Près de 19 millions d'électeurs sont appelés aux urnes jusqu'à 17H00 locales (11H15 GMT) pour désigner le successeur du gouvernement intérimaire en place après le soulèvement de septembre 2025.

Au cours des manifestations, au moins 77 personnes ont été tuées et le Parlement ainsi que des dizaines de bâtiments officiels ont été incendiés.

- "Jour de fête" -

Une interdiction d'accès aux réseaux sociaux avait mis le feu aux poudres. Les jeunes manifestants ont également laissé exploser leur colère contre le manque de perspectives d'emploi et la corruption des élites.

Des milliers de soldats et de policiers ont été déployés dans les bureaux de vote.

" Aujourd'hui ressemble à un jour de fête", s'enthousiasme Nirmala Bhandari, 50 ans, femme au foyer, après avoir voté dans le district de Bhaktapur, près de la capitale.

"J'ai bon espoir que le pays aura de nouveaux dirigeants et que nous construirons une nation meilleure", explique celle qui, pour l'occasion, a fait une vidéo d'elle dansant dans la rue avec des amies.

Et pour ce scrutin, les regards se tournent vers les plaines agricoles situées au sud-est de la capitale, où les trois prétendants au poste de Premier ministre briguent des sièges.

Les 163. 000 électeurs de la circonscription de Jhapa‑5 devront départager KP Sharma Oli, 74 ans, l'ex‑Premier ministre marxiste renversé en septembre et déterminé à retrouver son fauteuil pour la cinquième fois, et l'ancien maire de Katmandou, Balendra Shah, 35 ans, qui assure bénéficier du soutien de la Génération Z.

"Cette élection doit rétablir la démocratie et mettre un terme aux dérives qui sortent du cadre politique, à l'anarchie et à la violence", a déclaré après avoir voté M.  Oli, le dirigeant du Parti communiste du Népal-UML (marxiste-léniniste unifié), assurant que son parti sortirait en tête du scrutin.

En costume noir et le regard caché derrière des lunettes de soleil, M. Shah, du parti centriste Rastriya Swatantra Party (RSP) a fait la queue devant un bureau de vote de Katmandou.

- Espoirs de "changement" -

Autre prétendant au pouvoir: Gagan Thapa, 49 ans, le leader du Congrès népalais qui entend mettre fin au "club des vieillards" qui a dirigé le pays pendant deux décennies, candidat à Sarlahi, près de la frontière avec l'Inde.

Après avoir voté, il a dit à l'AFP qu'il était "du devoir des dirigeants" de faire en sorte que les événements de l'an dernier ne se reproduisent plus.

 De nombreux électeurs ont partagé sur les réseaux des images de leurs pouces marqués à l'encre, souvent accompagnées de photos des manifestations de septembre.

"Lors du mouvement de la Génération Z, des gens sont morts et nous espérons que leur sang apportera le changement ", a lancé Tek Bahadur Aale, 66 ans, qui a voté à Jhapa.

Avant de déposer son bulletin dans cette même circonscription, Shiv Shrestha, 57  ans, a affirmé que la "corruption doit cesser" et que des emplois doivent être créés, car "ce qui s'est passé l'an dernier ne doit pas se reproduire ".

Les analystes estiment peu probable qu'un parti remporte la majorité absolue à l'issue de l'élection et qu'il faudra plusieurs jours pour obtenir des résultats définitifs.

G.Galindo--ECdLR