L'Iran et les Etats-Unis se disent déterminés à poursuivre leurs attaques
L'Iran et les Etats-Unis se sont dits déterminés jeudi à poursuivre leurs attaques au Moyen-Orient, au moment où les rebelles yéménites, alliés de Téhéran, ont ouvert un deuxième front dans la guerre en revendiquant des attaques en mer Rouge.
Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le stratégique détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les Houthis au Yémen ont annoncé un blocus des navires d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.
Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: le baril de Brent a dépassé les 100 dollars jeudi, loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.
La situation au Moyen-Orient est "hors de contrôle" et "au bord de l'inimaginable", s'est alarmé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.
Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".
- Attitude américaine "irrationnelle" -
Et le président américain Donald Trump a menacé l'Iran et les Houthis d'une "punition militaire majeure".
Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.
L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces dernières 24 heures, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a fait état en soirée d'une nouvelle attaque de drones à sa frontière avec l'Irak.
Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant par le détroit d'Ormuz, au cœur des tensions.
Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement du pays, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.
D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.
Une agence iranienne fait état en soirée d'une frappe de missile américain contre l'île de Qeshm, près d'Ormuz.
Fustigeant ces attaques, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une attitude "irrationnelle" des Etats-Unis.
La dispute irano-américaine sur le contrôle du détroit d'Ormuz, par lequel transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités.
La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.
- Voies maritimes paralysées -
Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.
En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en (ont) immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".
De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les Houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué jeudi des attaques contre deux pétroliers saoudiens, faisant peser une menace sur la circulation maritime par le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au Golfe d'Aden et dont l'importance s'est accrue depuis le blocage d'Ormuz.
Après avoir annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.
Une source officielle saoudienne a confirmé qu'un navire appartenant à une société saoudienne avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.
Vers 14H00 GMT jeudi, 18 navires de matières premières avaient transité par le détroit de Bab el-Mandeb, contre un total de 26 sur la journée la veille, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.
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A.Romero--ECdLR