CAN-2025: Achraf Hakimi, héros affaibli
Achraf Hakimi, capitaine et star du Maroc, vit une CAN-2025 ambivalente, diminué par une blessure dont il a du mal à se remettre et "porteur du rêve" de tout un peuple qui veut le voir soulever la Coupe d'Afrique dimanche après la finale face au Sénégal à Rabat.
"On a un rêve et Achraf en est le porteur ! Il est en mission, celle-ci a commencé au moment de sa blessure", n'a cessé de marteler Walid Regragui, le sélectionneur marocain, tout au long de la compétition.
Regragui, prêt à aller au bout de ses idées contre l'avis de tous, n'a jamais varié à propos de son capitaine, lancé dans une course contre la montre depuis le 4 novembre après une sérieuse blessure à la cheville contractée lors d'un match de Ligue des champions avec le PSG.
Coute que coute, il a soutenu Hakimi qui a débuté la Coupe d'Afrique marocaine rétabli mais convalescent, conscient que le rôle du latéral droit, 27 ans, considéré comme le meilleur au monde à son poste, dépassait la seule sphère sportive.
Jusqu'à utiliser la méthode Coué. Dès l'entrée en lice du Maroc le 20 décembre, où sachant pertinemment qu'Hakimi, absent des terrains près de deux mois, ne pourrait pas tenir sa place, il l'a néanmoins invité en conférence de presse pour rassurer tout le Royaume.
Avant sa blessure, après une saison stratosphérique qui l'a vu remporté tous les titres avec le Paris-SG, le Ballon d'Or Africain 2025, demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 avec les Lions de l'Atlas, portait l'espoir du peuple marocain de remporter, à domicile, la Coupe d'Afrique cinquante ans après l'unique titre continental de son histoire.
- "Sacrifié pour son pays" -
Il "s'est sacrifié depuis quatre-cinq semaines" pour récupérer. "Il a fait plus que le boulot" et pris "des décisions fortes pour son pays", soulignait alors Regragui aux côtés de son joueur.
Laissé au repos lors des deux premières rencontres, Hakimi est rentré au cours de l'ultime match de poule, quelques minutes, sans que l'on puisse réellement juger son état de forme.
Mais la tête de gondole du tournoi, placardée sur toutes les affiches publicitaires que compte le Royaume, au cœur des discussions de tous les comptoirs des cafés du pays, a donné le change en conférence de presse, enjoignant les Marocains, sceptiques face au jeu balbutiant des Lions, d'encourager, quoiqu'il en soit, leur équipe.
"On a besoin que nos supporters restent derrière nous. Comme ça, on peut être des champions d'Afrique", a exigé Hakimi en cours de tournoi.
Porte-drapeau, c'est pourtant sur le terrain, que le Parisien, né à Madrid, mais qui a embrassé immédiatement la sélection marocaine, est désormais attendu.
"On n'a pas encore vu le prime d'Achraf Hakimi, il arrivera demain", a pensé Regragui la veille du quart de finale face au Cameroun, se faisant l'ardent défenseur de son défenseur à la timide prestation face à la Tanzanie en huitième, pour ses premières 90 minutes disputées depuis deux mois.
"Je tiens à remercier Achraf, il s'est sacrifié comme personne pour son pays. (...) Demain, je vous l'annonce il va être énorme" s'est-il répété la veille de la demie face au Nigeria, les performances d'Hakimi ne décollant pas.
Il reste un match, le plus important dimanche face au Sénégal, à Achraf Hakimi pour passer de "porteur de rêve" de tout un peuple à celui qui l'aura réalisé.
A.Guerrero--ECdLR