CAN-2025: les mousquetaires de la Teranga veulent installer une dynastie sénégalaise
Si Kalidou Koulibaly est suspendu, il reste au Sénégal les trois trentenaires de sa colonne vertébrale, Sadio Mané, Idrissa Gueye et Edouard Mendy, pour commencer à instaurer un règne sur la Coupe d'Afrique avec une troisième finale en quatre éditions, dimanche contre le Maroc.
. Sadio Mané, le sorcier
Celui que son village de Casamance, Bambali, a toujours appelé Ballonbuwa, "le sorcier du ballon", peut s'installer encore plus haut dans le panthéon du football africain en remportant une deuxième CAN après celle de 2021.
Frustré d'avoir dû renoncer à la Coupe du monde 2022 en raison d'une blessure, frustré encore par l'élimination dès les 8e de finale contre la Côte d'Ivoire (1-1, 5 t.a.b. à 4) il y a deux ans, Sadio Mané a un appétit de Lion, comme le montre son but de patron pour venir à bout de l'Egypte (1-0) en demi-finale.
Il prolonge son "rêve de gamin", qui était "d'écrire l'histoire et de gagner tous les trophées", disait-il dans le documentaire "Sadio Mané, made in Senegal" que lui a consacré Rakuten TV.
Leader et buteur providentiel, Mané peut rentrer dans le carré des meilleurs buteurs de l'histoire de la CAN. Avec son onzième but en demie, il a rejoint les géants du continent Patrick Mboma, Didier Drogba, Hossam Hassan ou Mohamed Salah au cinquième rang.
S'il marque en finale, il peut rejoindre le carré de tête formé de Samuel Eto'o (18 buts), Laurent Pokou (14), Rashidi Yekini (13) et Hassan El-Shazly (12).
L'ancien de Liverpool domine le classement honorifique des joueurs les plus décisifs lors des différentes CAN, cumulant but et passe décisive.
"Un joueur comme ça, c'est une chance de l'avoir dans un effectif, salue son sélectionneur Pape Thiaw. Au fil des matches, il monte en puissance". Et la finale arrive.
A 33 ans, Mané a annoncé que ce serait sa dernière Coupe d'Afrique, mais "il n'est pas prophète", a plaisanté Idrissa Gueye qui est sûr qu'il "peut encore nous faire gagner la CAN".
. Idrissa Gueye, le pilier
Idrissa Gana Gueye (36 ans) est justement le plus ancien des actuels Lions de la Teranga. La première des 132 sélections (7 buts) du joueur d'Everton remonte à novembre 2011, celle de l'ancien Messin (123 sél., 52 b.) date de mai 2012.
Si le quatrième mousquetaire Koulibaly, blessé et, de toutes façons, suspendu, va manquer sa deuxième des trois finales du Sénégal après celle de 2019 perdue contre l'Algérie (1-0) en 2019, Gueye, comme Mané et Mendy, va jouer sa troisième.
Il sera capitaine, comme en 8e de finale contre le Soudan (3-1) où Koulibaly était suspendu. Comme en demi-finale lorsqu'il a récupéré le brassard après la sortie du défenseur d'Al-Hilal, blessé. Il reste le grand ordonnateur du milieu de terrain.
"Gana n'est pas un maître à jouer, ce n'est pas son registre, mais c'est un formidable récupérateur et relayeur", explique l'ancien sélectionneur du Sénégal (1988-1992) Claude Le Roy à l'AFP.
Gueye joue aussi un rôle de tuteur. "Quand j'ai rejoint l'équipe du Sénégal, il y avait des cadres, aujourd'hui, mon rôle a changé. Je fais partie des cadres et c'est à nous de montrer le chemin, faire passer les messages du coach, disait-il pendant la CAN. Nous apportons cette expérience aux plus jeunes et de la sérénité". Et peut-être un nouveau titre continental.
. Edouard Mendy, la force tranquille
Pour faire face aux redoutables attaquants marocains, survoltés par le public électrique du stade Moulay Abdellah de Rabat, le Sénégal compte sur un troisième mousquetaire, son gardien Edouard Mendy (55 sél.).
L'ancien gardien de Reims, Rennes et Chelsea a déjà réalisé quatre "clean sheets", match sans prendre de but, depuis le début du tournoi, une prouesse car le jeu de Pape Thiaw est plus tourné vers l'offensive que celui de son prédécesseur et mentor Aliou Cissé.
Ce dernier, vainqueur de la CAN-2021, la toute première du Sénégal, adorait le "mental d'acier" d'Edouard Mendy (33 ans), qui a remporté trois des quatre séances de tirs au but qu'il a disputées avec le Sénégal.
Le troisième mousquetaire des Lions pour affronter le Maroc mise sur l'expérience accumulée par son équipe. "Quel que soit le scénario, a-t-il dit après la victoire contre le Soudan, qui menait 1-0, nous sommes capables de réagir et de prendre le contrôle du match. C'est très positif, car plus nous avançons dans la compétition, plus ces détails compteront". C'est ainsi qu'on installe une dynastie.
D.Silva--ECdLR