Ligue des champions: le PSG menacé de perdre le fil de sa saison
La défaite douloureuse d'un PSG dominateur mardi à Lisbonne contre le Sporting Portugal (2-1) menace sa place dans le top 8 de la Ligue des champions et plus largement l'élan que comptait créer l'équipe avant les tours à élimination directe.
"On a contrôlé le match, on avait des occasions, on n'a pas marqué, c'est un film qu'on a déjà vu beaucoup de fois", soupirait le milieu Vitinha au coup de sifflet final sur Canal+.
Le champion d'Europe et numéro 3 au classement du Ballon d'Or a parfaitement résumé la frustrante soirée parisienne. Le "film" avait déjà été diffusé plusieurs soirs à l'automne 2024, quand le PSG enchaînait les déconvenues à cause de son manque de réalisme.
Mardi au stade José Alvalade, le PSG a eu près de 75% de possession, réussi 92% de ses passes et tiré 28 fois. Pour seulement six tirs cadrés et un but, certes joli, par l'entrant Khvicha Kvaratskhelia. Cette réaction, cinq minutes après l'ouverture du score du Sporting (qui a profité d'une déviation chanceuse dans la surface), ainsi que l'ampleur de la domination parisienne a prouvé la "personnalité" de l'équipe, a assuré Luis Enrique.
L'entraîneur tentait alors d'évacuer sa frustration, allant jusqu'à évoquer un "sport de merde" et un "résultat très très très injuste".
Le PSG n'a sans doute pas été verni, voyant notamment trois de ses plus belles actions aboutir à des buts refusés - à juste titre. Ces annulations ont participé à entretenir la frustration et l'idée que la soirée ne pouvait pas être bonne.
- Intensité rare -
Et alors qu'au rayon des satisfactions, le PSG faisait preuve d'une intensité rare cette saison dans le pressing, cantonnant les Portugais dans leur camp, il a fini par relâcher son étreinte dans le dernier tiers du match, ce qui lui a été fatal avec deux buts encaissés aux 74e et 90e minutes.
Le résultat est une mauvaise nouvelle d'abord à court terme. Le top 8, qui qualifie pour les huitièmes de finale sans passer par les barrages mais garantit aussi de recevoir au match retour au moins pour la première double confrontation, n'est plus assuré avant la réception mercredi prochain de Newcastle. Une équipe qui a posé des problèmes au PSG il y a deux saisons (défaite 4-1 puis 1-1).
Le symbole le plus éclatant de cette mauvaise opération comptable: son adversaire du soir, pas forcément envisagé comme un prétendant au départ, talonne désormais le club parisien et a des raisons de croire au top 8 avant un déplacement à Bilbao.
Luis Enrique, qui expliquait en avant-match que ne pas disputer les barrages n'était pas forcément un cadeau alors que son équipe avait besoin de rodage, pourra en tirer du positif... Mais une sortie du top 8 serait une grosse déception pour un club qui avait commencé cette phase de ligue par trois victoires.
- Mauvais scénario -
Au-delà même des points et du top 8, c'est donc la menace d'un scénario inverse à la glorieuse saison 2024-25 qui plane pour le champion d'Europe: être très bien parti pour finalement perdre le fil.
La fin des pépins physiques - relative puisque Joao Neves et Lee Kang-in ont manqué le déplacement de mardi - devait signifier aussi le début d'une prise d'élan avant les échéances importantes du printemps. Mais les signaux sont contraires avec une élimination en Coupe de France contre le Paris FC le 12 janvier (1-0) après, déjà, de nombreuses occasions manquées, et cette défaite lisboète.
On pensait aussi enclenché le retour en forme du Ballon d'Or Ousmane Dembélé, qui marqua un doublé de toute beauté contre Lille. Mais sa prestation mardi soir fut pauvre, avec peu de présence dans la surface, une inspiration en panne et de nombreux tirs non cadrés (13e, 29e, 43e, 61e...).
Luis Enrique, lui, est resté fidèle à ses principes, lui qui dans la tempête de l'automne 2024 avait maintenu la barre: "Je suis très confiant dans ce que sera l'avenir, parce qu'avec ce caractère on est prêts pour être compétitifs quels que soient le match et le stade".
C.Cabrera--ECdLR