Cyclisme: Pogacar encore au vert mais UAE carbure déjà
Tadej Pogacar a beau être encore au vert, son équipe UAE carbure déjà à plein régime au Tour Down Under pour lancer une saison qui promet une nouvelle fois d'être annexée par la formation émiratie.
Les années se suivent et se ressemblent. Après une saison 2025 exceptionnelle, forte de 97 victoires, un record dans l'histoire du cyclisme, les coureurs d'UAE attaquent en trombe 2026 avec une démonstration de force mercredi lors de la deuxième étape du Tour Down Under, première épreuve World Tour (1re division) de l'année.
Dans le sud de l'Australie, Jay Vine et Jhonatan Narvaez ont fait le vide avec le reste du peloton pour s'imposer en duo avec une minute d'avance sur les premiers poursuivants et prendre déjà une grosse option sur la victoire finale.
Premier à franchir la ligne sur ses terres, Vine, vainqueur du Tour Down Under en 2023, a porté l'attaque décisive à un peu plus de 13 kilomètres de l'arrivée dans le mur de Corkscrew, bien lancé par un autre coéquipier, le Britannique Adam Yates.
Et seul Narvaez a réussi à suivre après avoir demandé à Vine de ralentir un peu. "Jay a été vraiment costaud, je n'étais qu'un passager dans sa roue", a rapporté l'Equatorien, vainqueur sortant du Tour Down Under qui a logiquement laissé la victoire à l'Australien.
Au général, les écarts sont déjà abyssaux. Troisième, le Suisse Mauro Schmid pointe à 1:05 et la course, qui s'achèvera dimanche, semble déjà jouée. D'autant que les coureurs d'UAE ont encore de l'appétit.
- Plus gros budget -
"On est aussi venu ici avec un sprinteur, (Juan Sebastian) Molano, et on va tenter de prendre tout ce qu'il y a à prendre", prévient Vine.
La concurrence encaisse.
"On avait plusieurs coureurs devant au pied de la dernière montée. Mais UAE a simplement été trop fort", a résumé Jesper Morkov, le directeur sportif de Visma-Lease a bike qui ne fait plus le poids depuis deux saisons.
Les raisons de cette implacable domination sont à voir d'abord dans l'effectif cinq étoiles d'UAE avec Pogacar bien sûr, qui a ramené 20 victoires à lui tout seul en 2025, mais aussi Joao Almedia, Isaac del Toro, Adam Yates ainsi que des équipiers de luxe comme Tim Wellens, Nils Politt ou Pavel Sivakov.
Les rivaux pointent vers le budget de l'équipe, le premier du peloton. UAE ne communique pas sur son montant mais la presse spécialisée l'évalue à 60 millions d'euros, soit environ dix de plus que les autres armadas.
"Ce n'est pas ce que j'entends ici, on me dit que c'est moins", assure néanmoins le Français Benoît Cosnefroy, nouvelle recrue d'UAE qui gagnait d'ailleurs plus dans son ancienne équipe Decathlon AG2R.
- "Automatisme de lever les bras" -
"Les gens disent que si tu signes avec UAE c'est pour l'argent. Mais ils seraient surpris de savoir ce qu'on gagne", abondait Tim Wellens en décembre auprès du journal belge Het Nieuwsblad.
Selon le coureur flamand, cette image est un vestige du passé lorsque l'équipe, encore jeune, offrait de gros contrats pour se construire. Depuis, elle attire avec d'autres arguments comme la perspective de gagner beaucoup de courses et d'écrire l'histoire aux côtés de Pogacar.
Dans l'équipe, on insiste aussi sur l'importance de la cellule recrutement qui, sous la houlette du directeur sportif Joxean Fernandez Matxin, considéré comme l'un des meilleurs "scouts" du monde, s'est fait une spécialité de débusquer de jeunes talents.
Pogacar et Del Toro ont ainsi signé leur premier contrat professionnel avec UAE avant de devenir des stars, pendant que des équipes comme Red Bull Bora et Lidl-Trek ont dû dépenser des millions d'euros cet hiver pour racheter les contrats de Remco Evenepoel et Juan Ayuso, à UAE pour ce dernier.
Mais pour Pavel Sivakov, "c'est surtout la dynamique dans l'équipe" qui explique la domination. "A la fin de la saison dernière, il y avait une liste qui traînait sur les réseaux sociaux avec les profils de chaque coureur de l'équipe. Moi j'avais déjà une victoire mais je me serais vraiment senti mal si j'avais été parmi les mecs qui avaient zéro, ça nous motive vraiment de gagner les courses. On a cet automatisme de lever les bras. Et ça nous tire tous vers le haut."
E.Mendoza--ECdLR