El Comercio De La República - Snowboard: un 5e titre mondial et le rêve des JO pour la star du freeride Victor de Le Rue

Lima -
Snowboard: un 5e titre mondial et le rêve des JO pour la star du freeride Victor de Le Rue
Snowboard: un 5e titre mondial et le rêve des JO pour la star du freeride Victor de Le Rue / Photo: Maxime SCHMID - AFP

Snowboard: un 5e titre mondial et le rêve des JO pour la star du freeride Victor de Le Rue

Pressenti pour les JO-2030, le freeride est la plus extrême des disciplines de sport d'hiver et son roi s'appelle Victor de Le Rue: le Français vient de s'offrir un cinquième titre mondial en snowboard, du jamais-vu sur le circuit.

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"C'est du hors-piste, on est vraiment dépendants des conditions météo. Il faut trouver les bonnes faces où les riders peuvent s'exprimer. Et on a besoin qu'il y ait pas mal de sauts ainsi qu'un certain degré de pente", raconte à l'AFP l'athlète de 36 ans.

Créé en 2008, le Freeride World Tour (FWT) est depuis quatre ans sous l'égide de la Fédération internationale de ski. Il se décline en six compétitions de janvier à mars, avec en clou du spectacle l'épreuve de Verbier (Suisse), qui est à l'origine du circuit.

Victor de Le Rue s'est élancé le 28 mars du Bec des Rosses, la planche aux pieds et le maillot jaune de leader du classement général sur le dos, avec l'objectif de marquer l'histoire de sa discipline en remportant un 5e titre inédit.

"Grosse pression: une montagne très raide, pas le droit à l'erreur et dernier à passer... Je fais de super tricks, mais à un moment je m'enfonce dans la neige et je chute un peu, je pense alors que je suis passé à côté", détaille de Le Rue.

"Je termine quand même fort en me faisant plaisir car la neige était bonne. J'arrive en bas, les juges mettent un temps fou à délibérer. Et finalement, j'apprends que je suis deuxième et vainqueur du général, c'était une joie immense", ajoute-t-il.

- "On a toujours peur" -

Le freeride est souvent fournisseur de frissons comme ceux vécus par le champion français le week-end dernier. D'abord on passe un jour ou deux à reconnaître la face où se déroulera la compétition, à visualiser les lignes les plus adaptées.

Puis on s'élance à skis ou en snowboard dans la poudreuse en se servant des éléments naturels — couloirs et falaises — pour réaliser des virages serrés ou des figures spectaculaires, évalués par des juges.

"On sait que sauter à tel endroit rapporte tant de points, avoir de la vitesse dans une zone exposée en vaut d'autres, une chute fait perdre des points. Mais honnêtement, je n'ai jamais trop pensé à ça. Je sais juste que j'ai besoin de faire une ligne solide avec de l'énergie et un maximum de sauts", dit ce jeune père de famille qui a appris à flirter avec les limites.

"On a toujours peur en freeride, c'est sûr. Le but de la compétition, c'est de se pousser, de faire son maximum — donc sortir de sa zone de confort. C'est toujours désagréable au début, mais une fois que tu y arrives, tu as toute cette adrénaline, et c'est super agréable", poursuit de le Rue, originaire des Pyrénées.

- Bientôt les JO ? -

D'abord attiré par le slopestyle, discipline olympique disputée sur une piste jonchée d'obstacles, ce Bigourdan s'est un temps affranchi des classements, des calendriers et des règlements pour se consacrer à la confection de films documentaires.

Puis s'est présenté un nouveau défi en 2019, sous la forme d'une invitation pour le FWT. Un appel à se glisser dans les traces de ses grands frères Xavier, triple lauréat du circuit (2008-2019), et Paul Henri, médaillé de bronze de snowboardcross à Turin.

"C'était une grande source d'inspiration. Je les ai toujours vus s'éclater, faire de bons résultats, passer du bon temps, être très motivés. Et ça me montrait aussi qu'il y avait un chemin, qu'on pouvait faire de sa passion son métier", se souvient Victor.

Alors que sa discipline est régulièrement présentée comme un entrant potentiel aux JO dans les Alpes, Victor de Le Rue veut rester libre de son destin, mais s'autorise tout de même à rêver.

"2030, c'est à la fois très proche et très loin. Mais si je fais encore de la compétition à ce moment-là, j'aurai clairement une envie : faire partie des Jeux." Et sûrement de les gagner...

D.Díaz--ECdLR